Metta, la bienveillance pour soi, les autres et la nature

 
Cypress Mountain (Colombie-Britannique) lors de mon dernier voyage prépandémie | mars 2020. Crédit photo — Julie Landry

Cypress Mountain (Colombie-Britannique) lors de mon dernier voyage prépandémie | mars 2020. Crédit photo — Julie Landry


Il y a quelques jours, j’ai pris le temps de faire une petite pause pour suivre une retraite de méditation sur le thème de la bienveillance, Metta, la bienveillance pour soi et les autres, enseignée par Roxanne Dault, et organisée par le Centre de méditation Voie Boréale. J’ai eu envie de vous partager quelques réflexions qui ont émergé à la suite de cette journée en silence où j’ai été particulièrement touchée par la sensibilité et la richesse des enseignements de Roxanne. Elle a eu la générosité de partager avec nous le souvenir de quelques moments forts qu’elle a vécus lors de sa longue retraite solo en forêt, et du lien profond qu’elle entretient avec les arbres. Elle nous a raconté que grâce à leur extraordinaire capacité réceptive, les arbres peuvent être très aidant dans les moments plus difficiles, car peu importe l’état dans lequel nous nous présentons à eux, ils nous accueillent toujours avec bienveillance et sans jugement.


Comme un doux murmure
Je suis moi-même profondément touchée par la sagesse des arbres et par leur solidité qui nous enracine profondément dans l’instant présent. Cette semaine, je suis tombée par hasard sur cette photo où on me voit souriante, entourée de thuyas géants — aussi appelés « l’arbre de la vie » par les peuples autochtones de la côté ouest Canadienne —, au coeur de la montagne Cypress en Colombie-Britannique. C’était le 7 mars 2020, quelques jours à peine avant le changement de vie radical que nous a apporté la pandémie.

J’avais passé une nuit agitée, à livrer un combat houleux contre l’anxiété, à me sentir complètement démunie. J’ai mis un long moment avant de me rendre compte que j’avais avec moi un outil à la fois si simple et si puissant : ma pratique de méditation. Alors, comme on s’enroule dans une grosse couverture de laine, je me suis laissé enlacer par cette douce pratique de l’amour bienveillant. Metta. « Que je sois heureuse et en santé, que je sois à l'abri et en sécurité, que je sois libre de toute souffrance, que je puisse trouver en moi le courage de l’acceptation, que je (…) ». Le lendemain matin, toujours en présence des thuyas, j’ai ressenti un léger bruissement, comme le murmure d’une intention qui vient tout doucement se déposer. Je ne le savais pas encore, mais à cet instant précis, une petite graine venait d’être plantée en moi — j’avais fait le choix de me (re)connecter à mon coeur. Ces majestueux arbres ont été les témoins de cette subtile transformation qui s’amorçait en moi, et cette photo, un doux souvenir de cet instant marquant.


S’accueillir avec bienveillance
Lors de la retraite, Roxanne nous a invités à nous questionner sur ces qualités d’ouverture, d’accueil et de bienveillance que les arbres ont envers nous. Et si nous cultivions ces mêmes qualités envers nous-mêmes ? Qu’arriverait-il si nous apprenions à nous accueillir tels que nous sommes, sans jugement, et sans vouloir être quelqu’un autre que soi ? Ces réflexions m’ont aidée à reconnaître tout ce que ma pratique quotidienne de méditation m’a apporté dans la dernière année, c’est-à-dire la capacité de m’accueillir dans toute mon authenticité et à lâcher-prise sur les choses de la vie sur lesquelles je n’ai aucun contrôle. J’ai passé l’année 2020 à semer, nourrir et cultiver la bienveillance, et aujourd’hui, j’observe avec beaucoup d’amour ce qui émerge en moi — cette intention profonde de prendre davantage soin de moi, des autres, de la nature, et surtout, d’être une source d’inspiration positive pour les autres.

Avec metta,
Isabelle <3


Je vous dépose ici ce très beau texte que nous a partagé Roxane, et qui parle des quatre différentes qualités du coeur.


Metta [l’amitié], l’amour qui relie, est un antidote à toutes les formes d’aversion.
Ce n’est pas de l’attachement.
Si elle glisse dans la sentimentalité, Karuna [compassion] ramène le cœur dans l’équilibre.

Karuna, l’amour qui répond, est un antidote à la cruauté.
Ce n’est pas la pitié.
Si elle glisse dans le chagrin, Mudita [la joie altruiste] remet le cœur en équilibre.

Mudita, l’amour qui célèbre, est un antidote à l’envie.
Ce n’est pas compétitif.
Si elle glisse dans une agitation agitée, Upekkha [équanimité] ramène le cœur dans l’équilibre.

Upekkha, l’amour qui permet, est l’antidote à la partialité.
Ce n’est pas indifférence.
Si elle glisse dans la déconnexion, Metta remet le coeur en équilibre.

— Les quatre sublimes demeures, un texte de Caroline Jones et Paul Borrows


Si vous souhaitez vous initier ou approfondir votre pratique de méditation, et apprendre à intégrer la pleine conscience à votre quotidien, je vous invite à consulter notre programmation de cours et d’ateliers.

 

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