Legacy, un magnifique et bouleversant cri du coeur

 
Legacy, notre héritage. Crédit photo — Yann Arthus-Bertrand

Legacy, notre héritage. Crédit photo — Yann Arthus-Bertrand

Douze ans après son film Home, Yann Arthus-Bertrand nous offre aujourd’hui Legacy, notre héritage, un magnifique et bouleversant cri du coeur. Lui qui a dédié sa vie et sa carrière à la protection de l'environnement et à l'éveil des consciences, nous livre ici une ode à la planète, un acte d'amour à la vie, mais aussi un signal d’alarme : celui d'une urgence à prendre soin aujourd'hui plus que jamais, de la terre, de sa faune et de sa flore.


« Avec ce film, je veux dire la vérité, même si elle est sombre. Il n'y a pas de vaccin contre le changement climatique. La solution c'est toi, c'est moi. »  



Une petite étincelle dans l’histoire de l’humanité
Legacy reprend l’histoire de notre planète depuis ses débuts, il y a environ 4,5 milliards d’années. Ayant comme fil rouge, la relation de l’espèce humaine à l’énergie (le magma, le soleil, l’eau ou la photosynthèse produite par les plantes) il démontre en toute simplicité le lien étroit — cette fameuse interconnexion — qui existe entre toutes les espèces vivantes. « L’eau que nous buvons aujourd’hui est la même que celle que buvaient les dinosaures » ! Il nous raconte l’histoire de l’évolution de notre espèce — l’homo sapiens — comment nous avons mis à profit notre intelligence et notre coopération pour survivre au fil des siècles. Avec cette efficace métaphore, il nous rappelle d’ailleurs que sommes qu’une petite étincelle dans l’histoire de l’humanité : « si l’histoire de la Terre était une journée de vingt-quatre heures, les humains seraient apparus à 23h58 minutes et 26 secondes ».

Et puis, il y a cent cinquante ans — soit 5 microsecondes avant minuit —, l’être humain s’est lancé dans une course folle au « profit et à la démesure » avec l'exploitation des énergies fossiles et l’industrialisation de la pêche, de l'agriculture et de l'élevage intensifs. Avec ces nouvelles sources d’énergie, il va changer à tout jamais sa condition, sans même se soucier de défigurer au passage le paysage. C’est d’ailleurs ce moment charnière de l’histoire de notre humanité qui a provoqué un enchaînement de bouleversements majeurs pour nos sociétés qui ont eu des conséquences énormes sur la biodiversité de la planète. En effet, dans les cinquante dernières années, l’activité humaine a détruit 70% du vivant. Les biologistes parlent désormais de la sixième extinction depuis l'apparition de la vie sur Terre, la cinquième étant celle qui a emporté les dinosaures il y a 65 millions d'années. Aujourd’hui, il ne reste qu’à peine 4% des animaux sauvages, et environ 40 % de la planète est utilisée pour l’agriculture, dont 70 % de ces terres sont pour nourrir les animaux destinés à notre consommation.

Si rien n’est fait d’ici 2070, un tiers de l’humanité — c’est-à-dire 3 milliards de personnes — sera des réfugiés climatiques ou sera contrainte de vivre dans des environnements arides. « Vous l’avez compris, c’est malheureusement là que cette belle histoire du succès humain commence à déraper. » L’humain a cru dominer les règles de la nature, mais elle se rappelle à lui. On le sait, le constat est sans appel et est connu de tous, la planète est aujourd’hui confrontée à deux crises majeures : la crise climatique et celle de la biodiversité.


« La seule énergie durable, c’est l’amour. »



La solution c'est toi, c'est moi
Le film nous met face aux nombreux défis qu’auront à affronter nos enfants, leurs enfants et leurs petits-enfants dans les prochaines années. Le portrait n’a rien de drôle, hélas ! Il nous oblige à réfléchir, à nous rappeler la nécessité d'agir, encore et encore, pour changer nos habitudes de vie. Yann Arthus-Bertrand se veut malgré tout optimiste, car selon lui, nous pouvons encore espérer inverser la tendance de ce dérèglement climatique en décarbonisant nos vies, et en diminuant de 5% par année notre consommation d’énergies fossiles. Il est donc envisageable d’arriver à changer les choses et d’améliorer la vie sur terre. « La solution c'est toi, c'est moi. ».

Bien que sensibilisé depuis quelques années sur les enjeux de la crise climatique et sur la nécessité d'adopter un mode de vie plus écoresponable, ce film m’a profondément bouleversé et m’a insufflé le courage de pousser encore plus loin mes engagements pour réduire mon empreinte écologique. Il m’a surtout donné l’envie de continuer à m’engager à partager, à travers Mes petits gestes, diverses solutions que nous pouvons individuellement mettre en place dans notre quotidien, tels que diminuer notre consommation de viande, passer à une alimentation végétarienne, biologique et locale, réduire le gaspillage alimentaire, faire son potager, tendre vers le zéro déchet, acheter en vrac, opter pour des produits issus de sources durables et renouvelables, refuser, réutiliser ou réparer nos objets, recycler et composter, opter pour des produits naturels, fabriquer soi-même ses produits ménagers, prévilégier les transports collectifs, la marche ou le vélo… et surtout, se reconnecter avec la nature, prendre le temps de la contempler et de l’aimer.

L’amour, une énergie formidable 
Legacy, nous touche en plein cœur. Selon Yann Arthus-Bertrand, nos enfants devraient entendre que nous ne sommes peut-être pas à la fin de ce monde, mais plutôt au début d’une toute nouvelle histoire. Il termine en ajoutant que la seule énergie durable, c’est l’amour. « Quelqu'un qui a conscience de la vie autour de lui n'a pas envie de faire souffrir. Comment quelqu'un qui a de l’empathie pour les animaux peut-il supporter la façon dont on les élève, dont ils sont tués ? Comment supporter la déforestation en ayant de l'empathie pour la nature ? L'amour est une énergie formidable. On devrait essayer de transposer cette force que donne l'amour au vivant autour de nous. » 


Si vous souhaitez pousser plus loin votre réflexion, je vous invite à consulter mes suggestions de lectures, films et autres ressources dans la rubrique « s’enraciner ».

Sources : World Wide Fund for Nature (WWF), The Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), Le Monde.

 

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