S’enraciner dans la compassion
Racines. Vancouver (Colombie-Britannique) | mars 2020
Depuis quelques jours, je ressens le besoin d’écrire, mais je n’arrive pas à trouver les mots justes pour exprimer toutes les émotions qui m’envahissent. Comme pour beaucoup d’entre nous, les actualités des derniers jours m’ont profondément bouleversée et m’ont laissée complètement démunie face aux horreurs de la guerre et la souffrance du peuple ukrainien. Nous sommes tous et toutes tellement vulnérables devant la vie qui peut basculer comme ça — du jour au lendemain.
Se lier à l’autre
Le monde est un peu comme une grande forêt remplie d’êtres humains. À la manière des arbres, nous nous dressons, solitaires, au milieu de cette vaste forêt, avec notre propre tronc, nos propres branches et nos propres feuilles. Cependant, au-delà de notre unicité, nous sommes indissociablement liés les uns aux autres par la vie — par nos racines. Peu importe notre espèce, notre âge ou nos origines, nous respirons le même air, nous avons les mêmes besoins physiologiques vitaux et nous partageons les mêmes besoins fondamentaux — la sécurité, la protection, l’amour et le sentiment d’appartenance. Nos vies sont liées.
Passer de l’empathie à la compassion
Nous sommes en résonance affective les uns avec les autres et il est donc tout à fait normal de ressentir de la douleur lorsque nous sommes confrontées à la souffrance d’autrui. Nous sommes humains. Et bien que l’empathie soit une amorce utile et nécessaire au développement de nos liens sociaux, elle n’est pourtant pas toujours suffisante. Dans les faits, sur le long terme —pensons aux travailleur(eues)s de la santé et en relation d’aide, ou aux militant(e)s pour la lutte aux changement climatique— l’empathie peut aussi nous conduire à des états émotionnels négatifs et mener à l’épuisement.
Dans ces conditions, la première chose à faire pour se protéger est de passer de l’empathie à la compassion. Au-delà d’être dans la réaction émotionnelle, la compassion nourrit la bienveillance et notre volonté d'aider la personne qui souffre. Le fait de cultiver notre compassion nous aide à faire preuve d’altruisme et à développer une plus grande coopération avec les autres êtres humains, sans exception. Selon Matthieu Ricard —moine bouddhiste, humanitaire, auteur et photographe français—, plus on cultive la compassion, plus on progresse sur la voie du bien-être authentique, et on devient pleinement disponible pour autrui.
S’enraciner dans la compassion
La pleine conscience est l’une des façons de cultiver la compassion et avec l’aide de méditations —telles que l’amour bienveillant, loving kindness ou mettā qui consistent à transmettre nos souhaits de bonté— elle nous permet d’entrer différemment en relation avec nous-mêmes et avec les autres.
À défaut d'avoir les mots justes, j’ai eu l’envie de vous partager cette pratique peut être très utile lorsque l’on se sent submergé par nos émotions. Personnellement, elle m’aide à m’enraciner et à trouver un peu de calme dans la tempête.
« L’amour bienveillant est la profonde reconnaissance que nos vies sont liées, que chacun compte, sans exception. »
Prenez le temps de vous déposer quelques minutes. Fermez les yeux. Sentez votre corps se stabiliser, s’enraciner ici et maintenant. Amenez doucement votre attention sur votre souffle et prenez quelques longues et profondes respirations. Peu importe l’état dans lequel vous êtes en ce comment même, voyez si c’est possible de vous accueillir comme vous êtes, ici et maintenant. Posez vos mains sur votre cœur et respirez. Sentez votre respirations se lier à celle de tous les autres êtres humains. Et lorsque vous vous sentirez prêt(e), transmettez vos souhaits et répétez autant de fois que nécessaire. :
Que tous les êtres soient à l'abri et en sécurité
Que tous les êtres soient libres de toute souffrance
Que tous les êtres puissent vivre dans la paix
Que tous les êtres puissent être heureux et en santé
Que tous les êtres puissent être entourés d'amour et de bonté
Pour en savoir plus sur la façon dont la pratique de la pleine conscience peut aider au quotidien ou si vous souhaitez vous initier ou approfondir votre pratique de méditation, je vous invite à consulter la programmation de cours.
Prenez-soin de vous,
Isabelle